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L'arrivée de Pierre CANEL en Nouvelle Calédonie

Pierre François Martin CANEL : un mystérieux aventurier !

        Nous pensons qu’il est arrivé en Nelle Calédonie vers 1855 et même avant avec les colons de PADDON installés à l'île Nou (Nouville aujourd'hui), apparemment après un séjour en Algérie, au tout début de la colonisation française de l’île.

        Il fait partie des tous premiers acquéreurs  de terrains en 1856 à Port de France (lot 372 le 11 mai 1856). Il a alors 34 ans, maçon de métier, il est marié à Thérèse CANEL, femme sur laquelle nous avons très peu d’éléments. Elle est apparemment sur l’île en 1857 car nous la retrouvons acheteuse du lot 26 le 23 décembre 1857 à Port de France.

        En fait la seule référence à son arrivée que nous ayons trouvée est le livre de Clovis SAVOIE paru au début des années 1900 et que Jacqueline VENARD née CANEL (descendante de Pierre François Martin CANEL)  nous a aimablement prêté.

Il cite Pierre François Martin CANEL parmi les noms de plusieurs colons arrivés avec James PADDON.

                  Extrait du livre de Clovis SAVOIE Pages 23 à 27

" Parmi les premiers occupants de la colonie, il convient de citer tout particulièrement le capitaine Paddon.

Paddon est né en 1812 à Portsmouth (Angleterre). Devenu aspirant de marine, il abandonne la marine de l’état pour la marine marchande, qui répond mieux à ses goûts d’aventures et de liberté. En 1843 il est propriétaire de plusieurs petits navires. Il essaye vainement de fonder un comptoir à l’île Maré, puis s’établit à Anatom, Nouvelles—Hébrides, la plus au Sud de l‘archipel et la plus rapprochée de l’ile Maré; il y attire une cinquantaine d’Européens et en ait le centre de ses opérations de bois de santal et de biche de mer avec les îles du groupe hébridais, l’ile des Pins et la côte Sud de la Nouvelle-Calédonie.

               En 1855 il s’installe à ‘lIe du Bouzet (île Nou, en face le Nouméa) et y entretient une flottille de bateaux caboteurs. Il établit des comptoirs sur plusieurs points de la colonie et aux Nouvelles-Hébrides. C’est de l’île du Bouzet que partent ses caboteurs pour aller échanger avec les naturels (les articles de traite contre des produits indigènes et de pèche bois (le santal, huîtres à nacre, huile de coco et de baleine, biche de mer, etc.,- qu’il expédie ensuite sur l’Australie.

               Son établissement de l’île du Bouzet se compose de trois magasins, d’une boucherie avec parc à bétail, de deux scieries, d’un four à chaux, d’un immense hangar pour les ouvriers. Le personnel se compose de 200 canaques et de 60 européens, vivant dans des huttes éparses autour des construc­tions principales suivant la fantaisie de chacun. Le maître et son comptable, le grand Knoblauch, occupent un des magasins où ils ont chacun une alcôve en toile. Le mobilier se compose d’un lit de peaux, supporté par quatre piquets. Le travail commence à six heures et la journée s’achève dans la plus grande activité. Le soir, ces hommes qu’avait réunis l’esprit d’aventures, et peut-être aussi le plus étrange concours de circonstances, se retirent dans leurs huttes, seuls; pas d’amis, pas de cause­ries, pas de vie de famille: c’est l’isolement le plus triste.

N’est-ce pas avec une émotion réelle que l’on se reporte au labeur de ces hommes d’une trempe exceptionnelle, qui ont été pour ainsi dire les ancêtres de la civilisation calédonienne.

Paddon aide de ses sages conseils les premiers gouverneurs et les commandants particuliers.

Un jour, le Gouverneur apprend que malgré défense, des fusils ont été vendus aux indigènes de Numéa. il invite Paddon à venir le voir sans lui donner le motif de l’audience. Paddon était-il le vendeur des armes? Nul ne saurait le dire. Mais il prend peur, s’embarque dans un simple canot avec trois canaques, et réussit à gagner la terre australienne. A quelque temps de là, au reçu de nouvelles rassurantes, il revient en Calédonie.

Il reçoit du Gouvernement des concessions de terre de grande étendue, puis il vend au Gouver­nement français, en 1857, pour 60.000 francs, le territoire de l’île Nou (1), dont il avait acquis des indigènes la propriété et qui était devenu néces­saire pour l’installation des transportés.

                Paddon mourut en 1861, sans avoir pu achever l’œuvre de colonisation qu’il avait si bien ébauchée. Enterré à l’île du Bouzet, ses restes mortels furent transférés à Païta, où les fidèles colons qu’il avait introduits lui élevèrent un mausolée. Photo de PADDON 

             La Nouvelle-Calédonie avait été vite connue des Australiens, émerveillés des richesses qu’elle ren­ferme et de son climat si salubre; plusieurs d’entre eux, d’origine française ou étrangère, résolurent de venir y tenter fortune, soit en prospectant les mines d’or, .signalées par Cook, Bérard et autres, soit pour se livrer aux travaux d’agriculture.

C’est ainsi que pendant les premières années de l’occupation une légion de futurs colons arrivent en Nouvelle Calédonie. Les noms de beaucoup d’entre eux appartiennent à l’histoire calédonienne, parce qu’ils ont fondé dans le pays des familles honorables; la plupart, d’ailleurs, sont parvenus à une aisance enviable, voire même à la fortune..

                Citons tout d’abord John Higginson, né le 13 novembre 1839 à Hitchen (Angleterre), qui pendant du longues années tiendra dans ses mains les desti­nées économiques de la colonie. Nous aurons à chaque instant l’occasion de signaler et d’admirer ses prodigieuses facultés commerciales, industrielles, colonisatrices et de spéculation. Cet Anglais se fera naturaliser français et deviendra l’un des meilleurs Français de Nouvelle-Calédonie.

Voici comment Henri Rivière esquisse la physionomie et le caractère d’Higginson (1):    Photo de HIGGINSON 

 « C’est un petit homme, d’une pétulance extrême, avec du vif argent dans les. veines. D’un esprit prompt, d’une intelligence rapide qui excelle, aux entreprises commerciales et aux découvertes de l’industrie, qui, peut-être en sa recherche primesautière de l’aventure et de l’inconnu va trop vite de l’un à l’autre, impétueux à commencer sans avoir fini, il a sur les bras toutes les affaires, tous les procès de la Nouvelle-calédonie. Mais il se meut ou plutôt se démène à l’aise en ses soucis, en ce mirage de conception et d’argent. Il ne hait personne, indemnise parfois ceux dont il triomphe, renoue avec eux les lance et s’élance à des buts nouveaux. »

 « Il a voulu être français dans sa colonie française d’adoption qui, elle aussi, l’a adopte.  Tout le monde l’y connaît. Il est à la fois agressif et débonnaire, loyal et retors. li e des détracteurs hésitants et ses enthousiastes passionnés. On le voit de loin et partout. Il est le seul qui ait ces allures saccadées, ce regard tout en dehors, ce sourire malicieux, cette redingote serrée à la taille, ce chapeau gris, cette badine à la main. C’est Mirés ( 2 ), le Mirés des beaux jours, à Nouméa. »

             Puis, Jean-Baptiste-Bernard Dézarnaulds, avec sa tête à la Victor Hugo et sa démarche imposante. Un homme d’une haute culture servie par une grande intelligence. il a été le premier greffier, le premier notaire et le premier avocat-défenseur de la colonie. Il a toujours été choisi pour plaider les grands procès commerciaux et les causes célèbres politiques et criminelles. Gros éleveur lui même, il sera le plus ardent défenseur de l’élevage calédo­nien Il exercera pendant de longues années d’importantes fonctions politiques, sera Maire de Nouméa et Président du Conseil Général. Photo de DEZARNAULDS 

                Puis encore Gratien Brun , qui débute comme prospecteur de mines dans la région de Houaïlou, échappe à un massacre, s’établit à Nouméa comme boulanger, et devient entrepreneur de charrois et fabricant de chaux. Il achète ensuite des terres ; il se livrera à l’élevage et réalisera une grosse fortune.

            Débarquent à la même époque

                 Les colons amenés par Paddon : Abei , Gaërtner, Knaulbloch (le bras (Droit de Paddon). le pilote Le Leizour, Lynch, Ohlen, et Jemny Song. Citons encore les commerçants Albaret et Austin, le commissaire-priseur Bouillaud, Bataille, Bull, Canel, Cheval , Caporn (revenu pour la deuxième fois), Collet, Dubua, Durand, Français, Fayard, le négociant Gerber, Hugonnod, Hoff, Peter Heister, Frédéric kresser, Iachaume, Madrid, Mariane, Morgan, Monot, Morignat , Noblot, Newlan iI, O’Donnoghue, Pitard, Porcheron, Pannetrat, le botaniste Pancher. Pion, Macé, Ray, Raymond, Tuhand, Thoburn, Jean Vergès, et beaucoup d’autres.

L’ex-commissaire de marine Bérard, après avoir fait du commerce à Port de France (Nouméa), et dont l’habitation était située près d’une carrière qui porte encore aujourd’hui son nom, va créer une vaste plantation au pied du Mont d’Or, où il est massacré.

             Des soldais se décident, de leur côté, à rester dans la colonie et  y prennent leur congé. Citons, entre autres : Bourgade, Dinet, Dessouches, Foussard, Lecaille, Leclère, L’Huillier de l’Infanterie, Maurin, Rousseau, Voyer, et d’autres qui n’ont pas laissé trace durable de leur séjour.

Tous ces vaillants colons ont formé le noyau de la population saine de la colonie, et ont grandement participé à son développement."